Quelques mots sur Kûkai ou Kôbô Daishi (774-835)



Kûkai est un moine bouddhiste qui a introduit au Japon le bouddhisme Shingon qui signifie l’école de la « Vraie Parole ». Il repose sur l’enseignement de la parole du Bouddha en état d’illumination et proclame que tous les êtres humains peuvent atteindre l’illumination dans cette vie.

Il est né dans la province de Sanuki, actuel département de Kagawa, près du temple 75, le Zentsuji.
Kôbô Daishi est le titre posthume qu’il reçut de l’empereur Daigo et qui signifie « Le Grand Maître qui a répandu la Loi », à savoir l’enseignement du Bouddha. Kûkai est le nom qu’il a choisi en 804, juste avant de partir en Chine, après avoir été officiellement ordonné moine, nom qui s’écrit avec les caractères représentant le ciel (ku) et la mer (kai) pour signifier « Océan de vacuité ». C’est en observant la ligne d’horizon qui unit le ciel et l’océan depuis le cap Muroto où il s’était retiré pour méditer, qu’il a eu à 19 ans la révélation de l’unité de l’univers.

Eminent homme de lettre, très populaire encore de nos jours, Kûkai a été comparé à Léonard de Vinci tellement son génie a fortement influencé la culture et la civilisation japonaises. Il était non seulement grand religieux mais aussi ingénieur, philosophe, poète, calligraphe et inventeur du syllabaire japonais Kana. Homme doté de grandes qualités humaines, à la conduite exemplaire et à la réputation de meneur d’hommes, il oeuvra toute sa vie pour soulager la misère du peuple.

En Chine, il a été initié au bouddhisme ésotérique chinois, aux sons sacrés, aux mudras et aux visualisations des symboles sacrés par son maître Hui Kuo. De retour au Japon, il structura cet enseignement, avant de lui donner le nom de Shingon-shu. L’usage des mantras et des mandalas reste au cœur de son enseignement. Le Shingon représente actuellement l’une des principales écoles bouddhistes au Japon après le Shintoïsme.

En 816, il reçut de l'empereur la permission de construire un monastère sur le mont Kôya-San. Situé à 850 m d'altitude, ce plateau entouré de huit montagnes évoquait pour lui le Royaume de la Matrice, le lotus à huit pétales où siège le Bouddha. Son isolement et sa végétation magnifique en faisaient un lieu privilégié pour la méditation.
Actuellement le mont Kôya-san est le centre le plus important du bouddhisme Shingon, célèbre dans tout le pays et visité chaque année par des milliers de pèlerins.

Derrière le temple d'Okuno-in à Kôya-san, se trouve son tombeau. La croyance veut que son corps physique soit resté intact, en posture de méditation, attendant l’arrivée de Miroku, à savoir Maitreya, le Bouddha du futur. Selon un rituel immuable, des offrandes de nourriture lui sont apportées chaque jour pour le soutenir dans sa méditation. Il est aussi dit qu'il apparaît à tout pèlerin qui rencontre des difficultés. Le peuple japonais lui voue toujours une profonde admiration.


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