Le Henro, pèlerin de Shikoku



À Shikoku, l’habit fait le pèlerin ! 
Endosser les vêtements de henro, porteurs de toute une symbolique c’est, pour le néophyte, revêtir la personnalité et l’engagement complet du pèlerin, pleinement corps et âme en chemin.

Il porte une veste blanche au dos de laquelle est écrit « Namu Daishi Henjo Kongo », littéralement  « Vive le Daishi, diamant qui illumine tout », en l'honneur de Kûkai. Elle est indispensable pour être reconnu comme henro sur la route et bénéficier d'une considération dont ne jouit pas le marcheur anonyme.
Le pantalon est lui aussi classiquement blanc.
Le blanc, couleur du deuil au Japon, symbolise la mort au monde momentané du pèlerin, son extraction un temps du grand tourbillon de sa vie, une mise en suspens temporaire de ses attaches et attachements pour le mener vers une autre dimension de lui-même, au-dedans de son être.
Un chapeau conique chinois en osier le protège du soleil comme de la pluie. Dessus sont écrits des mantras en sanscrit pour lui apporter soutien et protection.
Le kongozue, bâton du pèlerin, est en bois, recouvert au sommet d'une housse de tissu coloré et doré. Il est souvent mentionné dessus « Dougyou Ninin », c’est-à-dire « les deux vont ensemble ». Il symbolise en effet Kûkai marchant aux côtés du henro, exactement comme le bourdon du pèlerin de Compostelle incarne Saint-Jacques. Il est souvent muni d'une clochette, le suzu, qui, tintant au rythme de la marche du pèlerin, permet d'éloigner les bêtes sauvages et de faire fuir les mauvais esprits.
L'étole, la wagesa, se porte autour du cou. Elle peut être marquée de l’inscription « «Shikoku Hachijuhakkasho junpai », c’est-à-dire « Pèlerinage des 88 temples de Shikoku» et du mantra sacré « Namu Daishi Henjo Kongo », comme sur la veste.

Dans son sac en toile blanche, le henro transporte le nôkyôchou, un carnet qu’il fait tamponner et calligraphier au bureau du calligraphe à chaque temple, à l’image de la crédenciale, passeport du pèlerin de Compostelle. Certains font apposer les tampons et les calligraphies sur un grand rouleau appelé kakejiku qu’ils afficheront ensuite chez eux en guise de bénédiction.
Les fuda sont des petites bandelettes de papier sur lesquelles le pèlerin peut indiquer son nom, son âge, son adresse, y écrire des vœux et les déposer à chaque temple ainsi que les offrir en guise de remerciement et de porte-bonheur à ceux qui lui ont donné une offrande ou rendu un service. Elles sont blanches pour le henro faisant le tour de l'île pour les 4 premières fois, vertes de 5 à 7 fois, rouges de 8 à 24 fois, argentées de 25 à 49 fois, dorées de 50 à 99 fois, et en brocard à partir de 100 fois.
Traditionnellement, le juzu, le chapelet bouddhiste, accompagne les prières du pèlerin.

Le henro est également équipé de petites bougies blanches et de bâtonnets d’encens pour effectuer les rituels requis à chaque temple.

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